Le temps qui passe.

Lettre à mes amis,  

Le temps de la retraite est arrivé et il est même bien là, les journées, les années sont très vite passées et passent encore à un rythme effréné.  Ce constat ne me rassurant pas du tout, je me suis mis à penser, que depuis toujours je me disais : « je ferai ceci ou cela un de ces jours, je le lui dirai un de ces jours,  j’irai là-bas un de ces jours, je lui donnerai un de ces jours ». Quand j’aurai un peu de temps j’écrirai…..

  Nous vivons à une époque qui a connue une énorme évolution, tout est devenu possible, tout est devenu plus grand,  les connaissances rendues faciles ainsi que nos déplacements. Avec eux notre tolérance a diminuée, notre esprit est devenu plus étroit ainsi que notre jugement. Nos envies, nos besoins nous dépassent, il faut travailler plus, même à deux si possible car on dépense davantage, même si l’on s’amuse moins. On divorce, on se quitte facilement, ne pensant qu’à nous, tempi pour les enfants.  Nos maisons sont plus grandes, nos voitures plus modernes et pourtant nos familles sont devenues plus petites au fil du temps. Nous possédons plus de choses, parfois facilement, donc elles ont des valeurs réduites, et sont  futiles assurément. La nourriture est variée et abondante, mais nous nous nourrissons mal. Bien que la médecine et les médicaments progressent notre santé se fragilise à tous bouts de champs. Nos sentiments changent, nous aimons peu et moins longtemps, mais nous détestons davantage et sommes intransigeants. Nous allons bien loin chercher ce que nous avons là, l’amitié à deux pas mais on ne la voit pas. La télé, internet nous informent et nous mettent le moral très bas. Malgré les libertés acquises, les masses nous contraignent et nous restons sans joie.

Devant tous ces problèmes, je me dis, qu’après tout,  que la vie reste belle et pour qu’elle le soit, il faut briser la glace. Ne plus garder les choses pour une bonne occasion, car la bonne c’est celle qui se présente à toi. Regarder autour de soi, passer son temps avec ses amis, ceux qu’on aime, ne penser qu’à rire et apporter la joie. Cassons nos tirelires on ne les emportera pas, mettons nos fleurs dans des vases en cristal et pourquoi pas, le meilleur parfum pour toi, mon vieux ça va de soi.

  Toujours très occupés, il faut trouver l’endroit, ou on peut dire je t’aime, sans calcul ni tracas, car le temps qui s’écoule, un jour tu n’es plus là. Voila c’est chose faite, même si demain c’est la fête, je ne me contredirai pas.

 

JpC

                                                                  Photo Montage L Clergue et JpC Sept. 2012