Le vide Grenier

 

J'étais si belle dans tes bras,

Comme tu prenais bien soin de moi.!

Tu me parlais d'amour, 

Moi j'y croyais toujours.

Tu m'as laissée tomber,

Mise dans un coin, oubliée,

De cartons, de sacoches, en étagères, 

Déposée comme un rien, tu exagères.

Peu à peu ma tenue s'est ternie

Mes cheveux quelque peu racornis.

Si tu savais ce que c'est que l'ennuie,

Plus un regard, plus un calin, parfois sous la pluie,

je suis restée fidèle à cette amitié,

Regarde, je souris comme tu le désirais !

Me voila ici, déposée pèle mèle, 

Le projet d'une  autre vie m'ensorcèle.

Un enfant en passant va jeter un regard,

S'il s’approche, s'il sourit, je garderai l'espoir.

D'illuminer sa vie, ses songes et ses loisirs,

Mais je sais que c'est lui qui devra me choisir.

Alors dans le fatras de ce vide grenier, 

Mon bonheur reviendra que pour quelques deniers !

 

La poupée.  

                                                               Jean-Pierre Cros